Commune de Suzannecourt

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1940. Souvenirs d'un militaire en repos à Suzannecourt...


Article posté le 11/19/16.

 

Témoignage d'un militaire en repos à Suzannecourt

 

     "Après une permission de dix jours je reviens le 27 mars. Entre temps le 32 a fait mouvement. Je rejoins ma compagnie à Suzannecourt, dans la Haute-Marne. C'est le grand repos pour nous. Nous y resterons jusqu'au 16 mai 1940."

     Nous avons peu de renseignements sur cette période. Il faut reconnaître qu'elle ne fut pas fertile en grands évènements. C'était vraiment le grand repos.

     Pour ma part, j'en ai retenu ceci : "A mon retour de permission , dans une gare de triage, j'entends un appel par haut parleur : "Les militaires du secteur postal 108, descendent ici." Je quitte le train. Au service des renseignements on m'indique que le 32ème R.I. est stationné en Haute-Marne. Je dois prendre un train jusqu'à la gare de Joinville.

     Arrivé à Joinville, je suis dirigé sur Suzannecourt, où se trouve la 11ème compagnie. J'apprends alors que nous sommes au repos pour une durée indéterminée. Peu de choses vont se passer pendant cette période. 

     Nous procédons d'abord au nettoyage des hommes, des vêtements et à la remise en ordre du matériel. Puis nous participons à quelques exercices. Le matin, nous montons sur la colline qui surplombe le village, pour aller faire de l'éducation physique. Après, nous allons à la pêche, dans le ruisseau "Le Rongeant". Nous attrapons des petits vairons par centaines. Cela nous fait de bonnes fritures. Nous cueillons des pissenlits pour faire la salade. Tout cela agrémente l'ordinaire. Les matins de pluie, c'est la chasse aux escargots. Nous en avons tellement ramassé que, d'après les habitants de Suzannecourt, nous les avons détruits. Ceci m'a été confirmé lors d'un passage à Suzannecourt en 1979. L'après-midi, nous assistons à des matches de football inter compagnies.

     C'est la belle et douce vie. Nous l'avons bien méritée après les durs moments que nous avons connus.

     Le 25 avril je suis nommé caporal-chef.

     Mais voilà ! Tout a une fin, et surtout ce qui est bon. Le 10 mai, de notre cantonnement, nous entendons les bombardements de la ville de Saint-Dizier par l'aviation allemande.

     Le même jour, nous apprenons que l'Allemagne vient de déclencher une immense offensive générale sur la Belgique et sur la France.

     Le lendemain, nous commençons les préparatifs de départ. Le sergent de LEFFE, chef du 1er groupe de la 1ère section de la 11ème compagnie n'étant pas rentré de permission, le tout nouveau caporal-chef SAINT-MARC est affecté au commandement de ce groupe pour le remplacer. Le 16 mai, le 32ème R.I. repart pour le front. Nous embarquons dans des wagons à bestiaux, en gare de Rupt. Destination : inconnue.

     Le grand repos est terminé. nous partons à nouveau vers la grande aventure."



Guerre de 1939-1945 : L'épopée du 32ème Régiment d'Infanterie, Robert SAINT-MARC

 

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